| Historique |
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De l'idée à l'association Si l’Observatoire du Crédit et de l'Endettement est aujourd’hui reconnu par un décret de la Région wallonne, sa création fut loin d’être « décrétée ». L’Observatoire constitue un des résultats de la prise de conscience du phénomène du surendettement dans les années 80. A ce moment, le mouvement associatif, alerté par des situations de plus en plus fréquentes de surendettement, prit diverses initiatives, relayées en certains cas par des institutions : création d’un groupe de surendettés au C.P.A.S. d’Havelange, mise en place d’Infor-crédit, premières études sur le surendettement initiées par l’Union des villes et communes, la Fondation Roi Baudouin et le Centre coopératif de la consommation, propositions de loi visant à combattre le surendettement. Lors du débat à la Chambre, le 27 mars 1991, sur le projet qui allait devenir la loi du 12 juin 1991 relative au crédit à la consommation, l’une des questions se rapportait à "l’Observatoire de l’endettement des ménages" créé en France en 1989, et à l’opportunité de créer un tel établissement en Belgique. Pour le Ministre des Affaires économiques de l'époque, Willy Claes, « l’Observatoire de l’endettement est un des mécanismes de protection sociale du consommateur contre le surendettement, dans la mesure où il permet de diagnostiquer les causes et les conséquences du phénomène ». C’est sans doute la première fois que, de façon officielle, se trouvait exprimée en Belgique l’idée d’un "Observatoire de l’Endettement".
Encore fallait-il que des énergies se mobilisent. Trois mousquetaires, qui bien entendu furent quatre, s’en chargèrent. Jean-Marie Berger, secrétaire du C.PA.S. de Charleroi, contacta Jacques Tassier, agent de la Banque Nationale à Charleroi. J.-M. Berger estimait que les réglementations devaient être améliorées et qu’un forum réunissant les acteurs sociaux pourrait y contribuer. J. Tassier, qui préfère les questions sociales aux comptes sociaux, accueille l’idée avec enthousiasme et réunit, sous l’œil dubitatif de sa hiérarchie, des prêteurs, des avocats, des huissiers, des travailleurs sociaux, …
Robert Geurts, fonctionnaire en charge du crédit au ministère des Affaires économiques, connaît ceux avec qui il faut discuter. Il les invite, et les tables rondes s’élargissent aux représentants des organisations de prêteurs et de consommateurs. C’est à Charleroi que l’on vient pour parler de la publicité pour le crédit, des courtiers, des huissiers, des pratiques abusives des prêteurs, des endettés irresponsables, des remèdes. On parle haut et fort, des engueulades surgissent, mais cela fonctionne. Ces réunions, au rythme et au cadre aléatoires, suscitent un intérêt grandissant. Le bureau de J. Tassier ne sera plus assez grand pour placer les chaises. On investira une salle de réunion. Et après les réunions et les colloques, que va-t-on faire ? Il faut aménager un cadre pour ces échanges et les nourrir par des analyses de l’endettement des ménages belges. La Fondation Roi Baudouin est intéressée par cette initiative, et finance une étude de faisabilité qui devra établir un cahier des charges précis sur les objectifs d’un observatoire de l’endettement et les moyens pour le réaliser. Pour élaborer cette étude, une ASBL, « L’Observatoire du Crédit et de l’Endettement », est créée, dont les statuts sont publiés le 31 mars 1994. Le quatrième mousquetaire, Guy Delvax, élabore le projet concret de l’Observatoire. Il remet son épure en juillet 1994 puis s’en va, trop tôt, rejoindre les voies célestes. Les premiers financements, modestes, sont trouvés. Le premier emploi est créé, et c’est le 3 novembre 1994 que le premier colloque sur le surendettement dans l’Union européenne est organisé. Depuis lors, la lunette de l’Observatoire, qui a par ailleurs été profondément redessinée fin 2005, scrute d’un regard toujours plus aiguisé le paysage du crédit aux particuliers et de l’endettement des ménages. La particularité de l’Observatoire, en tant qu’association sans but lucratif, est de rassembler au sein de son conseil d’administration des représentants d’un échantillon varié de parties prenantes : défense de consommateurs, médiation de dettes, producteurs (prêteurs), gouvernement et administration. S’y ajoutent des juges, avocats, économistes, membres académiques, … Lieu d’échange, d’expertise et de débat, le conseil d’administration alimente et oriente les recherches, projets et activités quotidiennes de l’association. Ce lieu de dialogue le distingue profondément des autres acteurs du secteur pris séparément : organe non militant, il vise, avec les agents économiques et acteurs sociaux, à construire une éthique qui doit guider le droit et les pratiques de lutte contre le surendettement. L’équipe pluridisciplinaire regroupe, quant à elle, juristes, économistes, politologues et sociologues, en fonction des projets et subventions. |
